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Février : on se met à la broderie

Ma rencontre avec Sarah est d’abord une rencontre virtuelle. Je me souviens de son premier mail pour me tenir au courant qu’elle avait cité mon blog de l’époque dans ses favoris pour un article de chez Mode&Travaux  dans lequel elle avait avec sa belle-soeur proposé un tuto. Nos chemins se sont re-croisés plusieurs fois lors de salons, d’ateliers et de dédicaces. Elle est auteur de deux livres aux éditions Eyrolles tout comme moi, et vient de signer son dernier ouvrage en date aux éditions L’inédite (titres et lien à retrouver en fin de ce post). Je l’ai sollicitée en ce mois de février pour qu’elle me parle de sa passion : la broderie. Dans le cadre de mon projet “Une année pour s’initier” , nous entamons ce second mois de l’année avec son interview en espérant qu’elle vous donne envie de vous initier à cette discipline créative connue pour ses vertus relaxantes !
1. Comment as-tu découvert la broderie ? Comment as-tu commencé, appris … ?
J’ai découvert la broderie quand j’étais enfant, grâce à ma maman qui brodait très souvent en vacances ou le soir, en parallèle d’autres travaux de couture et tricot. J’ai commencé à broder avec elle, sur de petits abécédaires, au point de croix. Puis, j’ai appris à coudre et j’ai un peu oublié la broderie. C’est autour de mon premier blog que j’ai recommencé à m’y intéresser, en cherchant l’inspiration en général et en découvrant des idées sur d’autres blogs et sites créatifs. J’ai ressorti tout mon matériel et petit à petit je me suis réappropriée la broderie grâce au dessin, que j’ai beaucoup pratiqué. J’ai découvert le plaisir de broder ses propres motifs et d’en créer de nouveaux pour les broder. Les tambours à broder sont très à la mode, ce qui donne plein d’idées pour décliner ce support. Je commence à en avoir une jolie collection… Depuis, c’est sans fin, j’ai envie de tout broder !
2. De quel matériel a t on besoin pour commencer ? Où peut on exercer cette discipline ? Dans quelles conditions ? Ton top 3 de bonnes adresses pour se fournir et se former (livre, cours…)
Le gros avantage de la broderie, c’est que c’est très accessible. On trouve le matériel très facilement, et à bas prix. Toutes les merceries proposent des échevettes de fils, qui coûtent environ 1,50€ pièce. Il suffit de se constituer un petit stock d’aiguilles, ça c’est pour la vie ou presque ! Ensuite, on peut broder toutes sortes de tissus, fins ou épais, qu’ils soient au départ spécialement destinés à la broderie ou non (les tissus fins ou élastiques doivent simplement être entoilés). Tous les objets en tissu peuvent aussi être exploités, sans parler du papier, du carton… Je me suis même amusée à broder du bois. Une fois la broderie réalisée, on peut au choix l’encadrer traditionnellement ou comme souvent en ce moment dans un tambour à broder, ou encore coudre sa broderie sur un sac, un vêtement, une trousse…
L’autre avantage de la broderie, c’est que c’est facilement transportable. Une petite trousse avec des ciseaux, du fil, un étui à aiguilles, un petit morceau de tissu et un tambour : voilà du matériel pour quelques heures d’ouvrage. Car petit bémol, la broderie est une technique assez longue à réaliser si on veut qu’elle soit minutieuse et régulière. Le moindre petit ouvrage précis peut prendre plus d’une heure. Pour ne pas se lasser ou risquer de bâcler son travail, on peut stopper la broderie, la ranger, puis la retrouver lors d’un moment de calme, propice à la patience. On peut broder dans le train ou devant un film. Même si on suit un motif, c’est un geste assez répétitif qui ne nécessite pas de compter dans sa tête ou de cocher des points, comme le tricot ou le crochet par exemple.
Le fournisseur de matériel à broder par excellence, c’est DMC qui a su se réinventer depuis de longues années auprès des brodeuses. Le fil DMC est d’excellente qualité, il y a même de nouvelles couleurs qui sont arrivées cette année. Depuis plusieurs mois, on trouve aussi sur leur site un nombre incroyable de motifs à broder gratuits proposés par des créatrices du monde entier. Pour réaliser les points de broderie, il y a en ligne des tas de vidéos qui sont parfaites pour (ré)apprendre à les réaliser. Quand on a besoin d’un petit rappel, des schémas suffisent, comme à partir de cette planche de points. Enfin, on peut aussi apprendre à partir de vidéos qui proposent un projet précis à réaliser, comme sur la plateforme Artesane. Mais pour découvrir la broderie, rien ne vaut un atelier en direct avec une créatrice, via des projets dans l’air du temps ou des broderies plus sophistiquées comme celles d’Hélène Le Berre par exemple. Ces ateliers fleurissent un peu partout en ce moment, pour les débutants ou pour les créatifs un peu plus expérimentés (car la broderie n’est pas réservée qu’aux femmes !). Et pour des projets encore plus ambitieux, la mythique Ecole Lesage ouvre ses portes le temps de cours ponctuels.
Si on préfère apprendre seul, chez soi, il existe de nombreux livres pour explorer les techniques de broderie. J’en ai deux dans ma bibliothèque qui m’inspirent beaucoup : “Simply stitches” de Yumiko Higuchi et “Blackwork” de Sonia Lucano. Et bien sûr, j’ai envie de parler aussi de mon livre “Idées à broder” publié aux Editions Eyrolles, qui est spécifiquement destiné aux débutants. J’y propose 12 projets de différents niveaux, avec les motifs inclus, transposables d’un support à l’autre. Des formes naïves comme un petit nuage sur une trousse, des lignes graphiques et des végétaux : j’ai plusieurs pistes d’inspiration, réunies dans ce livre.
3. Quels sont les bienfaits de cette activité créative ? Qu’en disent les personnes à qui tu la fais découvrir, de ton entourage ? En quoi cette discipline se distingue-t-elle de celles que tu pratiques aussi ?
Comme toutes les activités créatives, les bienfaits de la broderie sont le plaisir de faire soi-même et la satisfaction que cela procure. C’est une technique assez facile, car même avec les points de base on peut réaliser de jolies choses. Quant aux points plus élaborés, une fois maîtrisés, il suffit de les répéter, de les associer. Les seuls pré-requis sont d’être minutieux et patient.
Autour de moi, certains sont étonnés de me voir pratiquer cette activité longtemps associée à un univers assez vieillot. Mais la broderie revient à la mode avec de nouveaux supports et motifs vraiment dans l’air du temps. Même le point de croix sait se renouveler avec des grilles modernes. Je brode pour ma part souvent à petite échelle, cela peut impressionner les yeux un peu fatigués, mais rien n’empêche d’agrandir les motifs !
Ce qui distingue la broderie des autres disciplines que je pratique, c’est je crois le caractère gratifiant du motif qui se dévoile point par point. On découvre vraiment sa réalisation au fur et à mesure et il me semble que ce n’est pas toujours le cas avec des procédés plus longs avant d’arriver au résultat. Je pense par exemple à la couture, dont le résultat final peut parfois décevoir, notamment dans l’habillement. Avec la broderie, on sait où on va, et on peut se laisser bercer par son caractère répétitif qui est assez reposant.
4. Quels sont les 3 raisons pour lesquelles tu recommanderais de s’initier à la broderie en 2018 ?
La broderie, c’est à la fois créatif et relaxant. Une fois le motif déterminé, il n’y a plus qu’à se laisser porter. Comme je le dis dans la préface de mon livre “Idées à broder“, c’est aussi un geste à la résonance ancestrale, aussi simple que magique. Enfin, la multitude de motifs et l’immense variété des fils qu’on peut trouver, que ce soit en termes de couleurs ou de textures, permet à chacun de s’approprier la broderie et d’y amener son propre univers.
Retrouvez les titres de Sarah Despoisse :
Inspirations géométriques (ed. Eyrolles)
Idées à broder (ed. Eyrolles)
Et pour finir, mon coup de coeur broderie : la marque Britney Pompadour

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