ENTREPRENDRE, Marketing, Parcours

Elle lance sa marque de lingerie pour périodes délicates

Cela fait plusieurs mois que je vois passer des publicités sur les réseaux sociaux au sujet de ses culottes “magiques” qui nous permettrait de vivre nos menstruations sans avoir à s’affliger l’usage d’accessoires certes pratiques mais vraisemblablement de plus en plus nocifs pour notre corps et polluant pour la planète. Des solutions alternatives fleurissent et c’est tant mieux d’autant plus quand il s’agit de projets qui ont vu le jour dans ma région, en Normandie. J’ai donc demandé à la créatrice de la marque Petites Culottées si elle souhaitait se prêter au jeu de mes questions écrites…


1.Quel est votre parcours et comment est née votre aventure entrepreneuriale ?

J’ai baigné dans une famille d’artistes, entre une maman historienne, un papa réalisateur vidéo, auteur/compositeur/ interprète, un frère photographe/comédien/ pâtissier/ antiquaire et maintenant maçon en patrimoine historique, des grands-parents chanteurs à l’opéra, on ne peut y échapper !

C’est dans les gènes, la création est une histoire de famille. Je pense que ma créativité vient « naturellement », depuis mon plus jeune âge je dessine, coud, chante, danse. Après avoir choisi le chant en horaire aménager musique et danse, ou j’ai eu la chance d’être soliste de la Cathédrale de Rouen au sein de la maitrise St Evode pendant presque 15 ans. Je me suis dirigée vers des études de communication à l’Iscom mais, à peine lancée j’ai très vite compris que je souhaitais faire un parcours international. Voyager, découvrir et me lancer dans des aventures bien plus folles. J’ai donc tiré ma révérence pour me rendre dans cette école à taille humaine qui me tient tant à coeur l’EM Normandie. (Je n’ai pas d’action à EM mais je traduis bien ici une transparence pour une école qui a le mérite de connaitre ses élèves et de les accompagner dans leurs démarches). Après quelques mois à EM, je suis tombé nez à nez au supermarché avec mon père sur un jeune couple avec leur bébé, le mari a lancé les couches jetables à sa femme en lui disant « N’oublie pas tes couches », c’est à ce moment que j’ai questionné mes parents qui m’ont très vite ouvert les yeux sur la réalité des choses. Après neuf mois de grossesse rien d’autre que de superbes méga couches jetables. Nous savons tous que le passage de la femme à la maman tout en restant femme n’est pas évident. C’est à ce moment que tout cela a pris du sens pour moi, je me lançais donc à la recherche d’un produit pour les fuites urinaires, incontinences !


Pendant ces cinq années d’études le projet à muri, en passant de recueils d’informations lors de mon expatriation un an à Casablanca au Maroc, ma troisième année entièrement en anglais dans une classe de cinquante élèves dont quarante étrangers, plutôt sympa pour comprendre les besoins, coutumes et cultures de chacune face à ces périodes. Quatrième année, je m’envole pour Moscou en Russie un autre pays haut en couleur et richesses où la place de la femme est également contestée, pendant cette période la marque fleurissait, je pensais et dessinais ma lingerie. C’est en dernière année de Master II « Start up et développement numérique » que j’ai mis les bouchées doubles, cousu les premiers prototypes avec ma mère, envouté mon usine et la marque s’est lancée.


Ça été un travail de longue haleine, est un souhait de parler de « périodes délicates », c’est plus doux et sensuel ! C’est un produit que bon nombre de nouvelles marques s’arrache aujourd’hui. Notre différence se fait sur le haut de gamme, la connaissance de la lingerie menstruelle des femmes et de leurs attentes après cinq années d’études à travers les quatre coins du monde.


2. L’hygiène féminine est de moins en moins tabou (et tant mieux !), quelles valeurs défendez-vous à travers le concept de votre marque ?


Les tabous sur l’hygiène féminine se brisent ! C’était un challenge, nous n’en sommes que ravies ! Nous avons un prix juste. Toute notre fabrication est faite en France, du tissage, teinture, découpe, assemblage, pose de fournitures aux contrôles qualité et conditionnement. Nous défendons un modèle, des conditions de travail, sociétales et environnementales !

Ce sont avant tout des actions avant des mots, un respect de nos ressources, un grand pas pour demain avec la création de lingerie qui durent. Le côté humain est au coeur de nos préoccupations. Petites Culottées est une marque engagée, une approche en toute transparence dotée d’un aspect
humain reflétant une pensée écologique.

3. Quels challenges avez-vous rencontrés depuis l’idée au lancement de votre marque ? Qu’avez-vous appris ?


Chaque jour est un challenge, j’en ai rencontré avant le lancement de la marque, j’en rencontre aujourd’hui et j’en rencontrerai demain, c’est ce qui fait la force et le piment de l’entrepreneuriat. Je vais plutôt vous évoquer mes deux challenges préférés !


Commençons par celui du choix de mon usine ! Après un mémoire sur le made in France mon choix était à 100% pour une confection française avec des matières de qualité et un vrai savoirfaire. Le challenge a été de pouvoir collaborer avec Le Mahieu, qui est une bonneterie française, créée en 1947, une entreprise humaine avec un vrai patrimoine.

La partie deux s’amorce ! La phase de tests de nos prototypes, c’est un moment intense, la fiertéd’avoir un produit de qualité français entre nos mains, mais surtout le moment où l’on se retrouve en lingerie dans son salon en attendant les verdicts. L’entourage est indispensable pendant cette
période, la pression est à son comble nous attendons avec impatience les retours pour ajuster le produit qui sera à la hauteur des attentes de nos clients. Dans cette démarche, chaque cible a contribué, les jeunes filles, les femmes actives, jeunes femmes, jeunes mamans, les athlètes, footballeuse, cavalières, seniors ! Au fil des mois nous avons ajusté notre produit afin de toutes vous combler !


4. Que conseillez-vous aux entrepreneuses et porteuses de projets qui souhaitent se lancer comme vous ?


Le premier conseil que je donnerais, c’est de savoir parler de son concept matin, midi et soir, il faut savoir en parler dans toutes les circonstances mêmes quand on est fatigué, qu’on n’a pas envie, il ne faut pas avoir peur d’en parler, d’échanger et surtout d’écouter les autres ! Il faut avoir une réelle ouverture d’esprit.

Par la suite, je dirais de se faire confiance, se recentrer sur soi-même avant le grand saut, d’aller puiser au plus profond, pour être sûre de ce que l’on souhaite.

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