Développement, ENTREPRENDRE

Entrepreneuses : Prendre confiance en soi

J’ai fini ma journée de cours d’hier à me dire que je n’avais fait « que de la merde ». Ma mère a rigolé au téléphone en entendant cette expression mais huit heures devant des stagiaires à avoir l’impression d’être mauvaise, ça rend le temps un peu long… Depuis peu, j’interviens sur des sujets que je n’avais encore jamais eu l’occasion d’enseigner. Cela m’a demandé de nombreuses heures de recherche et de lecture pour fournir un contenu que je trouve au final : médiocre. Le thème était aussi vaste que passionnant : l’Intelligence Artificielle et la Data au service du marketing et de la relation client (pour faire court, et si le sujet vous intéresse au passage, je vous recommande la lecture du Seigneur des robots, d’Arnaud Lacoste que j’ai eu la chance d’écouter en conférence dernièrement). Bref, j’ai expliqué d’entrée aux participants que je n’étais pas une experte et j’ai fait de mon mieux, tout en m’entendant intérieurement me répéter : qui es-tu pour traiter cette thématique en classe alors que tu ne l’as jamais vécue en tant que professionnelle  ?(mmmm ça sentait le syndrome de l’imposteur à plein nez !). La journée s’est achevée tant bien que mal en essayant de positiver sur cette expérience bancale : j’étais sortie de ma zone de confort, je ne m’étais pas déballée (même si l’excuse de l’enfant malade de dernière minute m’avait bien traversé l’esprit la veille tellement j’étais morte de trouille), j’avais su répondre aux questions des stagiaires… Mais ma confiance en moi en avait pris un coup au point de m’imaginer refuser tout nouvelle prise de cours pour l’année scolaire à venir (oui je suis un peu extrême des fois dans mes réaction à chaud).

Et puis je me suis dit qu’il était temps que j’écrive ce post que j’ai en tête depuis plusieurs semaines sur ce point justement : la confiance en soi. C’est sur les conseils d’une maman d’école que j’ai lu en quelques jours le formidable ouvrage de Charles Pépin, publié chez Allard Editions : LA CONFIANCE EN SOI, UNE PHILOSOPHIE. Elle me le recommandait pour mes élèves qui manquent souvent de confiance en eux, mais c’est avant tout pour moi que je l’ai dévoré. Ecrit par un professeur de philosophie, ce livre de 180 pages est d’une grande simplicité qui vous fait ouvrir les yeux sur beaucoup de choses nous concernant, nous grands humains, il nous fait prendre conscience des fondements de la confiance en soi et donc de ce qui peut nous faire défaut, tout en insistant sur le fait que rien n’est perdu et qu’il n’est pas trop tard pour développer cette qualité (compétence ?) dont nous autres, les entrepreneuses créatives, manquons cruellement. Je ne sais pas si j’arriverai à transcrire correctement ses idées (sacrée confiance en moi qui me fait encore douter au moment où j’écris ces lignes) mais je vais m’y attacher en vous proposant les points qui m’ont marquée et ont particulièrement fait écho. Mon premier conseil serait en réalité de vous procurer cet ouvrage de toute urgence (ce post n’est pas sponsorisé lol). Et je réalise qu’en effet, si le résumé plaqué sur la dernière de couverture, est une succession de 10 conseils (chacun représentant l’un des chapitres), l’auteur n’en donne aucun qui ne soit en réalité : une vérité. Ses références à ses propres lectures, la littérature et les maîtres philosophes que vous avez peut-être étudiés au lycée sont présentés ici avec fluidité, impossible de ne pas acquiescer. On approuve au fil des pages et on se sent capable un mot après l’autre de développer ou de retrouver cette confiance que nous aimerions plus présente.

Comprendre la perte de confiance

J’éprouve aujourd’hui de nombreuses difficultés dans la vie de tous les jours à exprimer mon mécontentement dans des situations justes et qui méritent une intervention ou du moins une réponse ferme (je pense à mes échanges avec ma belle-mère qui ne se gêne pas pour me déstabiliser, me laissant la plupart du temps complètement décontenancée…). Une amie m’a dit l’autre jour : « J’ai du mal à le croire, toi ? Tu étais tellement sûre de toi quand nous étions à l’école ensemble, rien ne te faisait peur ». J’ai bien conscience de cette perte que j’ai subie malgré moi et je sais combien les maternités successives ainsi que mon licenciement ont affecté ma confiance en moi. Je me suis reconstruite un travail et une vie professionnelle me permettant de m’occuper de mes enfants comme je l’entendais mais les séquelles remontent parfois à la surface, comme hier… Je sais aussi que je ne suis pas la seule dans ces cas, les entrepreneuses me contactant pour un accompagnement sont nombreuses à évoquer ce même problème : elles manquent de confiance en elles. A cela, je pense savoir désormais quoi répondre en m’appuyant sur les 10 points développés dans le livre La Confiance en Soi.

Comprendre les composantes de la confiance en soi 

Ainsi on apprend dès le début de la lecture, que la confiance en soi n’est autre qu’une confiance en les autres, et en réalité en la vie tout simplement. D’où l’importance de s’entourer des bonnes personnes (conseil que nous vous retrouverez aussi dans Le Guide des Entrepreneuses Créatives que j’ai co-écrit en 2015). On comprend alors qu’il est normal qu’on se trouve fragilisé(e) quand les autres nous ont déçus, mal-menés ou encore quittés… L’auteur s’attache aussi à démontrer l’utilité de ces sentiments que nous n’avons pas forcément appris à développer : l’écoute de soi, l’émerveillement notamment envers la nature, l’admiration et le rôle des mentors dans nos vies (il donne un exemple qui m’a tout de suite fait penser aux entrepreneuses qui me racontent le rôle que leur grand-mère ont joué dans le développement de leur passion et de leur créativité). Il rappelle, page 116, aussi en citant Bergson, que notre nature est plus celle d’un Homo faber (faiseur) que celle d’un Homo sapiens (sachant) : “Notre intelligence n’est pas d’abord une intelligence abstraite mais une intelligence fabricatrice”. Nous sommes faits pour fabriquer, inventer, créer de nos mains, travailler  la matière avec des outils dans le but de nous fabriquer, de nous accomplir. En lisant ces mots “c’est dans la matière que notre esprit révèle sa vérité”, qu’on comprend l’attrait pour les métiers manuels que les entrepreneuses créatives, notamment, expriment. Cette relation à la création est notre premier pas vers la confiance en soi. Cependant, cette dernière demande du temps, de la pratique voire de l’expertise, et sur ce point nous avons du retard, des années passée sur des bancs d’école ou en entreprise derrière un écran à ne rien faire de nos mains. Cette recherche est aussi une recherche de nous-même comme l’auteur le mentionne page 152 en citant cette fois Nietzsche et son “surhomme” qui existe dans chacun de nous. Ce surhomme, expression de notre confiance en nous, se réalise quand nous nous passionnons pour “un art ou une pratique, lorsque nous affinons notre talent, lorsque nous avons l’impression d’avoir trouvé un chemin de vie qui nous correspond”.

Ce chemin c’est celui que toutes les entrepreneuses créatives qui me contactent ont entamé, la confiance est la composante qui nous permet d’avancer malgré les obstacles, les tentations (de tout abandonner pour retrouver un job salarié) et les doutes qui nous assaillent tel Ulysse durant son long voyage (cité page 157). En finissant le livre, j’ai réalisé que nous avions en réalité toutes les cartes en main pour développer cette confiance en nous, à la condition d’en avoir simplement conscience.  Les exemples concrets pris par l’auteur, notamment celui des grands joueurs sportifs ou des grands artistes, nous rassurent sur le fait que le génie ne suffit pas et que labeur et sueur sont bien plus importants. L’expérience et les milliers d’heures à travailler sur votre cas seront récompensées : en fabriquant pour les autres, vous vous fabriquez vous même.

 

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