Développement, ENTREPRENDRE

La place de l’homme dans l’entreprenariat féminin

Je ne me définis pas comme une féministe d’aujourd’hui. Oui je défends l’entrepreneuriat féminin, oui ma clientèle est à 99 % féminine, mais je ne suis pas pour le “man-bashing” que je vois déferler sur le net. On a en eu le droit au #metoo puis au #balancetonporc. Et là, s’il est évident que je suis d’accord avec le fait que les hommes n’ont aucun droit de supériorité sur nous, et que certains n’ont pas à nous traiter avec abus, je trouve les attaques contre les hommes de plus en plus violentes. Alors qu’on leur lance la pierre continuellement, je me demande dans quelle mesure nous avons atteint la perfection de notre côté pour prétendre à cette nouvelle supériorité, qui s’apparente selon moi plus à une revanche qu’à une lutte pour une réelle égalité. C’est à la lecture de l’ouvrage récent de Natacha Polony, “Délivrez-nous du bien“, que j’ai réellement pris conscience du discours anti-homme menés ces temps-ci.

Faire le choix conscient de s’occuper de ses enfants

Je m’interroge alors sur la réelle finalité de toutes ces démarches. Quand je croise une affiche comme celle imaginée par le Laboratoire de l’égalité, intitulée : “Mercredi 15h. Papa travaille, Maman est en rtt. Qui a parlé d’égalité ?”, j’ai les yeux qui piquent… Il est facile de manipuler ainsi les esprits. L’affiche ne parle pas des efforts du père qui assume sa famille. L’affiche évoque pour moi, une mère qui préfère travailler que de s’occuper des ses enfants car reconnaissons-le, gérer plusieurs enfants au quotidien, c’est épuisant. Je le sais, j’en ai trois et je suis souvent seule, mon mari étant constamment en déplacement. J’ai des connaissances qui autour de moi reconnaissent cependant ouvertement qu’elles ne pourraient pas rester tout le temps chez elles à s’occuper de leur progéniture et qu’elles préfèrent donc déléguer à une tierce personne la charge de travail que représente les enfants. En visionnant le reportage de France Ô “Rendez-vous en terre inconnue” avec l’actrice Sylvie Testud (autour de la vingt-quatrième minute), on assiste à un échange entre une femme “moderne” et une femme locale et je me rappelle avoir réalisé que je ne me retrouvais plus dans l’attitude de la femme locale plutôt que dans l’esprit de celle que je suis sensée être : une femme moderne, qui travaille et ne voit ses enfants que le soir et le week-end.

Faire le choix d’être le parent qui va rester présent pour ses enfants, quand l’autre part travailler, n’a rien de dégradant, encore moins depuis que l’entrepreneuriat a été rendu plus accessible aux femmes qui peuvent grâce au net, et au statut de la micro-entreprise, travailler de chez elles et ainsi essayer de concilier à leur rythme leur vie personnelle tout en maintenant une activité professionnelle. Cependant, je suis la première à savoir qu’une telle combinaison n’est pas indolore. Nous travaillons autant voir plus que celles qui font des horaires de bureaux, nous comblons nos pauses imposées par l’emploi du temps scolaire et les activités extra-scolaires, en travaillant le soir quand tout le monde dort et parfois jusqu’à tard dans la nuit. Et souvent, quand je vois la maigre rémunération que je dégage, je me demande si le jeu en vaut bien la chandelle. Ne serait-ce pas finalement plus simple de retrouver une job salarié, et de faire comme tout le monde … ? Mais j’ai la chance, de faire quelque chose qui me passionne, d’étudier un sujet qui aide d’autres femmes, de gérer mon temps comme je le souhaite et de n’avoir à rendre de compte qu’à moi-même.

C’est aussi grâce aux hommes que nous pouvons entreprendre

Je reste cependant très consciente que cela n’est possible que grâce à mon mari, en l’état actuel des choses. Je sais aussi que je ne suis pas la seule dans cette situation. Ne soyons pas ingrates et admettons que si nous pouvons nous lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat créatif c’est aussi à cause/grâce à nos conjoints qui nous permettent d’essayer de vivre de notre créativité. J’aimerais donc que l’on reconnaisse que l’homme joue aussi un rôle important dans l’entrepreneuriat féminin. A force d’échanger avec d’autres entrepreneuses, je sais combien leur moitié les soutient, les encourage et les envie même des fois. C’est aussi l’homme qui investit le premier dans nos entreprise, en nous prêtant ou en nous offrant la trésorerie dont nous avons besoin pour nous lancer. J’ai même vu des cas où le mari quitte son job pour se lancer dans l’aventure auprès de sa femme entrepreneuse. Je me demande souvent comment je ferais si le mien n’était pas là pour subvenir à nos besoins et puis je me rappelle que la confiance qu’il a placée en moi m’aidera forcément le moment voulu, s’il se présente. Les hommes ne sont tous pas mauvais, il y en a des bons, des très bons et il serait enfin temps de reconnaître ce qu’ils font pour nous.

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